Dans les salles de classe, les plantes ne servent pas uniquement à embellir les lieux. Leur présence s’avère fondamentale pour le bien-être et le développement des élèves. Des études montrent que les plantes peuvent améliorer la qualité de l’air, réduire le stress et augmenter la concentration. Les enfants, souvent entourés de béton et de technologie, bénéficient grandement de ce contact direct avec la nature. En prenant soin d’une plante, ils apprennent la responsabilité, la patience et l’importance de l’écologie. Cette interaction quotidienne avec le végétal crée un environnement plus serein et propice à l’apprentissage.
Les bienfaits des plantes sur le développement des enfants
La présence de plantes à l’école ne relève pas du simple détail décoratif. Les bénéfices réels pour les enfants se vérifient sur le terrain comme dans la littérature scientifique. Sylvain Wagnon, spécialiste de l’éducation nouvelle et professeur à l’Université de Montpellier, rappelle à quel point intégrer la nature dans l’école, c’est ouvrir un autre regard sur l’écologie, les cycles naturels, mais aussi sur la responsabilité collective.
Les apports concrets des plantes à l’école
Voici plusieurs effets directs observés au sein des écoles qui font la part belle aux plantes :
- Amélioration de la qualité de l’air : les végétaux absorbent le dioxyde de carbone, libèrent de l’oxygène et augmentent l’humidité, rendant l’atmosphère scolaire plus respirable.
- Diminution du stress : entourés de verdure, les enfants affichent des signes d’apaisement. Les études soulignent que la simple présence de plantes réduit la tension nerveuse.
- Concentration accrue : la végétalisation de l’espace favorise l’attention et la performance des élèves, qui retrouvent plus facilement le calme nécessaire à l’apprentissage.
Ce que les enfants apprennent au contact des plantes
Prendre soin d’une plante, ce n’est pas qu’une histoire d’arrosage. Les élèves découvrent que :
- Leur plante a besoin d’un sol vivant : une terre riche, légère et aérée est indispensable pour ses racines.
- L’humidité régulière soutient la vitalité des feuilles et des racines.
- La température idéale se situe entre 18 et 24 degrés, ce qui leur apprend à observer et réguler l’environnement.
Ce savoir-faire s’ancre dans une pédagogie active. Ovide Decroly, pédagogue belge, aimait dire : « la classe, c’est quand il pleut ». En clair, l’école s’ouvre à tout ce qui l’entoure, la nature comprise. Les plantes font partie de ce grand tout éducatif, où l’apprentissage ne se limite pas aux exercices écrits.
Comment les plantes favorisent l’apprentissage et la concentration
Intégrer des plantes dans une classe, ce n’est pas un simple geste symbolique. Leur présence agit sur le cerveau des enfants, en stimulant la concentration et en facilitant l’acquisition des connaissances. La photosynthèse, ce processus par lequel les plantes transforment le dioxyde de carbone en oxygène à la lumière, améliore la qualité de l’air et, par ricochet, l’attention des élèves.
Voici quelques effets tangibles de l’introduction de plantes dans l’espace scolaire :
- Stimulation cognitive : la simple vision de végétaux dans l’environnement scolaire active des zones du cerveau liées à la mémoire et à la réflexion.
- Moins de fatigue mentale : les espaces verts aident à atténuer la lassitude intellectuelle, redonnant de l’énergie pour apprendre.
En s’occupant des plantes, les enfants développent aussi des compétences concrètes. Ils apprennent à évaluer les besoins de leur pot de fougère ou de sansevieria : choisir un terreau adapté, surveiller l’humidité, ajuster la température. Ces gestes dépassent la biologie pure pour toucher l’organisation, la patience ou l’endurance.
Le professeur Sylvain Wagnon, co-auteur de « Jardiner à l’école pour s’ouvrir au monde » avec Corine Martel, insiste sur l’importance de ces expériences : la nature à l’école enseigne aux élèves la symbiose, l’interdépendance et l’équilibre fragile du vivant. Un héritage direct des idées d’Ovide Decroly, pour qui l’apprentissage devait s’ancrer dans le réel et le vivant.
Les initiatives de végétalisation dans les écoles françaises
En France, de plus en plus d’établissements s’emparent du sujet. Transformer les cours d’école, c’est répondre à la fois au besoin de bien-être des élèves et au défi climatique. Les collectivités et associations multiplient les projets pour réintroduire la nature au cœur de l’école.
À Paris, le programme « Cours Oasis » vise à transformer 600 cours d’écoles et de collèges d’ici 2040. Les anciennes étendues bétonnées laissent place à des zones végétalisées, ponctuées d’arbres, de jardins et de potagers. Ces aménagements abaissent la température urbaine et créent de véritables refuges pour l’apprentissage et la détente.
Dans le sud, à Cagnes-sur-Mer, l’école primaire s’est engagée dans la végétalisation de ses espaces, accompagnée par la mairie et l’association « SosAbeilles ». Les élèves mettent la main à la terre, plantent, entretiennent et observent la vie des jardins. Ils découvrent l’importance de la biodiversité et le rôle de la pollinisation pour les écosystèmes locaux.
Monika Ramseier, enseignante à l’école secondaire du Bäumlihof, travaille avec Georg Römmelt pour sensibiliser les jeunes à l’économie circulaire et à l’agriculture urbaine. Leurs potagers pédagogiques permettent aux élèves de comprendre les enjeux du jardinage, de la gestion des ressources et de l’autonomie alimentaire.
Ces expériences montrent que la végétalisation va bien au-delà du simple « verdissement » : elle façonne des environnements scolaires où les enfants respirent mieux, apprennent différemment et prennent conscience de leur impact sur la planète.
Comment intégrer les plantes dans le quotidien scolaire
Pour faire entrer les plantes dans la vie de l’école, il faut penser à chaque étape. Le choix des espèces compte : certaines plantes vertes, comme les fougères, les sansevieria, les aspidistra ou les clivia, s’adaptent très bien à l’intérieur et demandent peu d’entretien, ce qui est idéal pour l’école.
- Fougères
- Sansevieria
- Aspidistra
- Clivia
Le substrat aussi mérite attention. Un mélange équilibré de terreau, de sable granuleux et de morceaux de terre cuite assure à la fois légèreté, drainage et aération pour les racines. Les plantes ont également besoin de lumière et d’une température stable, située entre 18 et 24 degrés, pour s’épanouir et remplir leur rôle purificateur d’air.
L’implication des élèves est tout aussi déterminante. Les enfants peuvent participer à l’arrosage, à la taille, mais aussi surveiller la santé des plantes, repérer les feuilles malades ou les signes de parasites. Ces activités les rapprochent concrètement des sciences naturelles, tout en les aidant à comprendre l’équilibre fragile de la nature.
Sylvain Wagnon, toujours engagé sur ces questions, rappelle que ces pratiques ne sont pas anecdotiques : elles tissent un lien direct et vivant entre l’élève et son environnement, favorisant l’épanouissement au quotidien et une prise de conscience écologique durable.
Exemple de programme scolaire mettant les plantes à l’honneur
| Activité | Fréquence |
|---|---|
| Arrosage des plantes | Quotidien |
| Taille et entretien | Hebdomadaire |
| Observation et étude | Mensuel |
La végétalisation de l’école, loin d’être une lubie passagère, s’installe durablement dans le paysage éducatif. Chaque plante accueillie dans une classe, chaque jardin partagé, raconte une histoire de lien retrouvé avec la nature et d’élèves qui grandissent autrement, la main dans la terre et l’esprit curieux du monde vivant.


