Parfois, un CV ressemble à une collection de trophées : diplômes en série, mentions en cascade, parcours étiré jusqu’au doctorat, voire au-delà. Le mot « surdiplômé » flotte dans l’air, utilisé ici et là, mais sans ancrage officiel dans la langue ou dans les textes. En France, la reconnaissance des titres ne se fait pas au jugé : tout repose sur une hiérarchie précise, orchestrée par le ministère de l’Enseignement supérieur.
Parler de « diplômé », de « hautement diplômé » ou de « surdiplômé » ne signifie pas la même chose selon le secteur ou le contexte. Ces termes ne bénéficient d’aucune reconnaissance institutionnelle stricte, leur usage se module au gré des habitudes et des attentes du monde académique ou professionnel.
Comprendre la nomenclature des diplômes en France : un aperçu essentiel
En France, la nomenclature des diplômes ne laisse pas la place à l’improvisation. Chaque diplôme correspond à un niveau bien défini, intégré dans les répertoires nationaux pilotés par les autorités publiques. Le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), placé sous la tutelle de France compétences, centralise les certifications professionnelles validées sur le territoire.
Les établissements autorisés, universités, écoles d’ingénieurs ou de commerce, instituts spécialisés, livrent des diplômes nationaux (licence, master, doctorat) et des diplômes d’État. Les titres professionnels, eux, relèvent du ministère chargé de l’Emploi. Le parcours académique se structure selon une progression balisée : baccalauréat, BTS, DUT, licence, master, puis doctorat.
Voici les trois grandes catégories de formations, pour mieux comprendre leurs spécificités :
- Formation diplômante : mène à un diplôme d’État, reconnu à l’échelle nationale
- Formation certifiante : se conclut par une certification professionnelle inscrite au RNCP
- Formation qualifiante : confère une reconnaissance immédiate sur le marché du travail, sans délivrance d’un diplôme officiel
Pour permettre la vérification des diplômes, l’INE (Identifiant National Étudiant) et le service d’attestations numériques sont devenus des outils courants pour les employeurs et les administrations. L’attestation de réussite sert souvent de preuve temporaire, en attendant le document définitif. Les mentions obtenues ou les relevés de notes viennent étoffer ce dossier, renforçant la crédibilité d’un parcours lors d’une candidature ou d’un concours.
Qui peut être qualifié de « très diplômé » ?
On parle de très diplômé pour désigner quelqu’un qui a accumulé plusieurs diplômes de l’enseignement supérieur dans des établissements reconnus. Dans l’usage courant, ce qualificatif s’applique à celles et ceux ayant, au minimum, franchi le cap du master, souvent prolongé par un doctorat, ou qui ont multiplié les titres universitaires dans des domaines variés.
Passer le cap du baccalauréat fait entrer dans la catégorie des diplômés, mais il en faut davantage pour mériter l’étiquette de « très diplômé » : licence, master, doctorat, ou une série de diplômes équivalents, qu’il s’agisse de BTS, DUT, ou de titres d’ingénieur ou de commerce. Bien souvent, ces profils présentent un cursus long, dense, parfois enrichi par un double parcours ou par des certifications additionnelles.
Ce terme recouvre des réalités diverses. Prenons quelques exemples : un ingénieur titulaire d’un master et d’un doctorat ; une universitaire cumulant plusieurs licences et masters ; ou encore un professionnel qui a validé plusieurs certifications professionnelles inscrites au RNCP. Aucun de ces cas ne relève d’un titre officiel, mais chacun témoigne d’une reconnaissance sociale, qui valorise la richesse et la variété du parcours.
Le niveau de diplôme reste l’indicateur principal : le doctorat, au sommet, puis les diplômes de niveau bac+5 ou l’accumulation de qualifications pointues renforcent la notion de « très diplômé ». Cette reconnaissance s’appuie sur la validation du parcours par des établissements habilités, et l’inscription dans le cadre national des certifications.
Entre diplômé, lauréat et certifié : quelles distinctions dans le vocabulaire français ?
Le vocabulaire français distingue soigneusement le statut selon la nature du titre obtenu. Une personne diplômée a terminé avec succès un parcours reconnu, sanctionné par un diplôme officiel (licence, master, doctorat, BTS, DUT), délivré par une institution habilitée. Ce document fait foi auprès des employeurs ou des administrations ; il peut aujourd’hui être vérifié grâce à l’INE ou au service d’attestations numériques.
La notion de lauréat n’a pas le même sens. Elle désigne la réussite à un concours ou à une sélection, sans pour autant garantir l’obtention d’un diplôme supplémentaire. Un lauréat de concours administratif ou d’entrée dans une grande école ne détient pas forcément de titre universitaire nouveau, mais il voit ses compétences reconnues.
Le statut de certifié correspond à l’obtention d’une certification professionnelle, souvent enregistrée au RNCP sous la supervision de France compétences. Ce titre atteste de compétences précises, validées par la formation professionnelle ou dans un secteur d’activité spécifique. Il joue un rôle clé dans l’employabilité, surtout là où la maîtrise technique prime sur le cursus académique traditionnel.
Voici un résumé des distinctions principales :
- Diplômé : titulaire d’un diplôme reconnu par l’État ou un établissement agréé
- Lauréat : personne ayant réussi un concours ou un processus de sélection
- Certifié : détenteur d’une certification professionnelle inscrite au RNCP
Le choix du terme employé influence la reconnaissance professionnelle et la perception du parcours. Selon le poste visé, les règles du secteur ou la convention collective, la valeur accordée à chaque statut peut varier sensiblement.

Reconnaissance et usage des titres selon les niveaux de diplôme
La reconnaissance d’un titre dépend du niveau de diplôme obtenu et de la nature du justificatif présenté. Que ce soit dans la fonction publique ou chez un employeur privé, le diplôme national ou le diplôme d’État reste la référence. Ces documents, remis par un établissement habilité ou par l’État, peuvent être vérifiés grâce à l’INE (Identifiant national étudiant) ou au service d’attestations numériques. Les recruteurs et administrations s’appuient sur ces outils pour sécuriser leurs procédures, notamment dans les secteurs soumis à une réglementation stricte.
Chaque étape, du baccalauréat à la licence, du master au doctorat, correspond à une valeur clairement définie par le code de l’éducation ou le code du travail. Une attestation de réussite peut permettre de justifier provisoirement l’obtention d’un diplôme, mais seul le titre définitif donne accès à certains métiers, en particulier dans les professions réglementées comme les soins infirmiers, la comptabilité-gestion ou la recherche universitaire. Présenter un faux diplôme constitue une faute sérieuse, assimilée à une manœuvre frauduleuse selon le code civil.
La certification professionnelle, enregistrée au RNCP par France compétences, prend de l’ampleur dans de nombreux parcours. Certains secteurs exigent l’obtention d’un titre spécifique ou reconnaissent une formation qualifiante ouvrant à une compétence immédiatement exploitable. Les politiques de recrutement s’adaptent à la diversité des parcours et des certifications, privilégiant l’adéquation entre les compétences du candidat et les besoins du poste à pourvoir.
Pour clarifier, voici les documents les plus fréquemment rencontrés :
- Diplôme national : délivré par un établissement agréé, reconnu par l’État
- Certification professionnelle : validée par France compétences et inscrite au RNCP
- Attestation de réussite : justificatif provisoire en attendant la remise du diplôme définitif
Que l’on vise la recherche, l’entreprise ou la fonction publique, chaque titre a son poids. Mais au-delà de la simple accumulation, c’est l’articulation entre diplômes, certifications et expériences qui dessine la singularité d’un parcours, et parfois, toute sa force.

