Les 100 questions du permis de conduire ne constituent pas une banque aléatoire de culture générale automobile. Elles couvrent trois catégories précises, tirées au sort par le compteur kilométrique du véhicule. Comprendre leur répartition et les formulations attendues par l’inspecteur change la donne sur les 3 points bonus de la grille.
Tirage au compteur kilométrique : ce que la méthode impose vraiment
Le numéro de question posée le jour du permis dépend des deux derniers chiffres du compteur kilométrique au moment de l’épreuve. Ce n’est pas l’inspecteur qui choisit le thème selon son humeur. La sélection est objectivable, ce qui invalide l’idée reçue selon laquelle certains sujets « tombent plus » parce qu’un inspecteur les préfère.
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En pratique, la centaine de questions est numérotée. Le compteur désigne un numéro, et ce numéro renvoie à un triplet : une vérification, une question de sécurité routière, une question de premiers secours. Le candidat n’a aucun contrôle sur le tirage.
Nous observons que cette mécanique pousse certains formateurs à faire tourner le moteur quelques minutes de plus avant l’épreuve, dans l’espoir de décaler le compteur vers une question jugée « facile ». Stratégie illusoire : toutes les questions exigent une réponse structurée, et l’inspecteur évalue la précision du vocabulaire, pas seulement l’idée générale.
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Répartition des 3 questions orales du permis B
Depuis la réforme de 2018, la structure est verrouillée. L’inspecteur pose exactement trois questions, réparties ainsi :
- Une question de vérification intérieure ou extérieure (jamais les deux types combinés pour un même candidat)
- Une question sur la sécurité routière (comportement, signalisation, réglementation)
- Une question sur les gestes de premiers secours (protection, alerte, massage cardiaque, PLS)
Chaque bonne réponse rapporte 1 point, pour un maximum de 3 points ajoutés à la grille sur 31. Une mauvaise réponse ne retire rien et n’est jamais éliminatoire. Le permis exige un minimum de 20 points sur 31 hors faute éliminatoire, mais ces 3 points bonus peuvent faire basculer un résultat limite.

Vérifications intérieures et extérieures : les formulations qui piègent
Les vérifications représentent la catégorie la plus technique. L’inspecteur attend un geste (montrer, actionner, ouvrir) accompagné d’une explication fonctionnelle.
Vérifications intérieures les plus courantes
Les questions portent sur le réglage de hauteur des feux, la commande de désembuage, le témoin de charge batterie ou encore le frein de stationnement. La difficulté ne réside pas dans la localisation du bouton, mais dans la justification. « Montrez la commande de réglage de hauteur des feux » appelle une réponse en deux temps : montrer le dispositif (généralement à gauche du volant), puis expliquer qu’il sert à ne pas éblouir les autres usagers.
Nous recommandons de préparer chaque vérification intérieure sur le véhicule d’apprentissage, pas sur un schéma. L’emplacement des commandes varie selon les modèles.
Vérifications extérieures à ne pas négliger
L’ouverture du capot concentre les échecs. Le candidat doit localiser le bocal de lave-glace (souvent identifiable par un bouchon bleu), vérifier le niveau d’huile ou montrer où se trouve le réservoir de liquide de refroidissement. Si le candidat ne parvient pas à ouvrir le capot, l’accompagnateur peut intervenir pour l’aider, mais cela laisse une impression négative.
Premiers secours au permis : les réponses que l’inspecteur attend
Les questions de premiers secours tournent autour de trois axes : protéger la zone de danger, alerter les secours, pratiquer les gestes d’urgence. La formulation de la réponse doit suivre une logique précise.
Pour la protection d’une zone d’accident, la réponse attendue mentionne la délimitation « clairement et largement » de la zone, de façon visible, pour protéger les victimes et éviter un sur-accident. Un candidat qui répond « mettre les warnings » sans parler de balisage ni de distance perd le point.
Sur l’appel aux secours, l’inspecteur vérifie que le candidat connaît le numéro d’urgence européen (112) et sait structurer un message d’alerte : lieu précis, nature de l’accident, nombre de victimes, état apparent. Réciter « j’appelle le 15 ou le 18 » sans préciser les informations à transmettre ne suffit pas.
Les questions sur l’arrêt cardiaque ou la position latérale de sécurité exigent une description chronologique. Pour le massage cardiaque : vérifier la conscience, libérer les voies aériennes, appuyer au centre du thorax à un rythme soutenu. Toute inversion dans l’ordre fait perdre le point.
Sécurité routière : les thèmes récurrents dans la base officielle
Les questions de sécurité routière couvrent un spectre large, mais certaines formulations reviennent mécaniquement dans la base des 100 questions :
- Les distances de sécurité et la règle des deux secondes
- Les effets de l’alcool et des stupéfiants sur la conduite (seuils légaux, sanctions)
- Le fonctionnement et les limites de l’ABS ou de l’ESP
- Les règles de priorité en intersection non signalisée
- L’adaptation de la vitesse en cas de visibilité réduite
Sur ces thèmes, l’inspecteur n’attend pas une récitation du Code. Il évalue la capacité du candidat à relier une règle à un comportement concret. Répondre « il faut respecter les distances de sécurité » sans préciser comment les évaluer (repère fixe, comptage de secondes) ne rapporte pas le point.

La préparation la plus efficace consiste à traiter chaque question comme un oral structuré : geste ou fait, explication du pourquoi, conséquence en cas de manquement. Trois phrases bien construites valent mieux qu’un paragraphe flou. Les candidats qui échouent sur ces questions ne manquent généralement pas de connaissances, ils manquent de méthode pour formuler une réponse que l’inspecteur peut noter sans ambiguïté.

